• Maux dits

     

    Je suis poète maudit

    aux maux dits souvent médits,

    médités pour m'éviter

    médusés pour m'évincer...

     

    M'avancer sous les auvents

    m'éventer des paravents,

    j'invente des vérités

    je vante mes vers cités.

     

    Véracités décriées

    diversités déclinées,

    des lettres hémorragiques

    je deviens les mots statiques...


  • Ecrire à en mourir

     

    Pour toujours écrire

    jusqu'à en souffrir

    et même en mourir

    pour y revenir.

     

    Déchirer sa peau

    extirper ses maux

    vider son cerveau

    de tous ses brûlots.

     

    Dénuder son coeur

    privé de bonheur,

    vider la noirceur

    de tous ses malheurs

     

    Ecrire en versant

    des larmes de sang

    sur le noir roman

    de tous ses serments.

     

    Pour toujours écrire

    jusqu'à en souffrir

    et même en mourir

    pour y revenir.


  • Un cri

     

    C'est un cri dans la nuit

    quand le ciel se déchire

    sur un lit d'insomnies

    meurtries de souvenirs.

     

    Un sanglot sous la lune

    pour des larmes de sang

    sur des draps d'infortune

    chiffonnée de tourments.

     

    Une voix dans la brume

    s'élevant jusqu'aux cieux

    pour clamer l'amertume

    d'un destin malheureux.

     

    La complainte d'un fou

    qui croyait que l'amour

    durerait jusqu'au bout

    d'un envol sans retour.

     

    Le désarroi du sort

    atteint au plus profond

    de son très grand malheur

    c'est donc cela la mort?

     

    C'est un cri dans la nuit

    qui résonne au lointain

    pour hurler à l'envie:

    je t'en supplie, reviens!


  •  

    Un homme aussi ça pleure

    souvent de l'intérieur

    pour y cacher ses larmes

    quand la douleur désarme.

     

    La vie fait les soupirs

    de tous les souvenirs

    parfois gais souvents noirs

    des destinées sans gloire.

     

    Le soleil n'a plus d'or

    dans le ciel de noirceur

    aux nuages figés

    comme un coeur terrassé.

     

    Les oiseaux ne sont plus

    que messagers perdus

    de ces tristes journées

    passées à ressasser.

     

    Le vent vient s'écraser

    sur les arbres courbés

    les roses sont flétries

    sous les intempéries.

     

    Quand il reprend la route

    aux pavés noirs de doutes

    au voyage incertain

    qu'importe c'est la fin.

     

    Un homme aussi ça pleure

    souvent de l'intérieur

    pour contenir ses peines

    quand la douleur l'enchaîne.

     


  •  

    D'une blessure je suis né,

    collision de deux égarés,

    leur fracture j'ai tant été

    qu'ils ne m'ont jamais accepté.

     

    Au parcours de la destinée

    la case enfance j'ai sauté,

    paumé je l'ai toujours été

    en la prison souvent tombé.

     

    Je suis parti pour guerroyer

    au nom de la paix proclamée,

    champs de mines j'ai labourés

    corps mutilés j'ai récoltés.

     

    J'ai voulu, cette cruauté

    au monde entier en témoigner,

    à dénoncer tous ces charniers

    je n'ai réussi qu'à gêner.

     

    Sur tout ce monde j'ai erré

    et souvent me suis égaré

    sur bien des chemins détournés,

    je n'y ai jamais rien gagné.

     

    C'est alors que j'ai rencontré

    cet ange que j'ai tant aimé,

    je désirais me racheter

    mais je n'y suis point arrivé.

     

    A la fin de ce long sentier

    s'achève enfin ma destinée,

    triste l'horizon s'est voilé

    ne me reste qu'à m'allonger.

     

    D'une fracture je suis né,

    provoquée par deux égarés,

    ils m'ont tellement blessé

    que je n'ai pu m'accepter.


  •  

    J'ai vécu dans tes yeux

    sous le bleu de tes ciels,

    brûlé de mille feux

    sur tes lèvres de miel.

     

    Dans tes bras j'ai rêvé

    à refaire le monde,

    sur tes seins espéré

    une terre féconde.

     

    Puis tu es repartie

    ou bien je t'ai quittée,

    qu'importe, c'est ainsi

    l'amour nous a laissés.

     

    Avec tous ces silences

    qui me parlent de toi,

    et ces mots en souffrance

    qui déclinent sans voix.

     

    Dans cette maison vide

    pleine de ton absence

    je prépare un suicide,

    ma fin par délivrance.

     

    De la vie au trépas

    des rêves au néant,

    il n'y a plus qu'un pas

    que j'esquisse en souriant.

     

    Tu me tues j'aime ça

    sur moi tombe le voile,

    je m'éteins dans tes pas

    je touche les étoiles.


  •  

    Un très bon anniversaire

    à tous les anniversaires

    les bons comme les mauvais

    c'est le jour de tous les souhaits.

     

    Celui de l'enfant chéri

    qui de plus en plus grandit

    ou celui de ses parents

    qui s'enfoncent dans le temps.

     

    Mais aussi des disparus

    de leur vie ne restent plus

    que les absences qu'on compte

    les souvenirs qu'on raconte.

     

    C'est le moment des bougies

    allumées pour aujourd'hui

    que ce soit sur un gâteau

    ou devant une photo.

     

    Un très bon anniversaire

    à tous les anniversaires

    les bons comme les mauvais

    c'est le jour de tous les souhaits.


  •  

    Et tandis que le froid

    sous la lune qui croît

    viole la nuit des gueux

    le poète s'émeut.

     

    Lorsque les enfants pleurent

    blessés par le malheur

    de n'avoir aucun rêve

    sa plume se relève.

     

    Et pendant que les bombes

    écrasent les colombes

    au nom d'Etats infâmes

    il écrit de son âme.

     

    Alors que la famine

    les nations extermine

    dans un monde sans coeur

    impuissant il se meurt.

     

    Le poète se perd

    dans un soleil si clair

    qu'il ne voit plus son sang

    s'écouler lentement.


  •  

    Une larme qui coule

    sur ta joue de satin

    la peine se déroule

    de ton coeur en chagrin.

     

    Je n'ose t'approcher

    de ma main qui frémit

    je ne puis t'apporter

    un instant de répit.

     

    Cette main qui ne veut

    que te réconforter,

    caresser tes cheveux

    sur ta nuque penchée.

     

    Mais comme c'est étrange

    de te trouver ainsi

    tu parais comme un ange

    tombé du Paradis.

     

    Et sur tes lèvres closes

    la larme vient mourir

    en espérant, morose,

    le retour de tes rires.


  •  

    D'abord il y a toi

    qui manque à ma vie

    mais que j'aperçois

    en tous ces meurtris.

     

    Comme cet enfant

    tapis sous les bombes

    pleurant sa maman

    avant qu'il ne tombe.

     

    Et ces malheureux

    couchés dans la rue

    qui ne sont plus eux

    d'avoir disparu.

     

    La femme battue

    que l'on fait souffrir

    et qui n'en peut plus

    jusqu'à en mourir.

     

    Ou bien le migrant

    fuyant sa misère

    qui risque son sang

    pour un bout de terre.

     

    Toutes ces blessures

    d'un monde sans loi

    où rien ne perdure

    hormis ses effrois.

     

    D'abord il y a toi

    qui manque à ma vie

    mais je t'aperçois

    alors je survis.

     





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